MAS DE VILLAGE - MORIERES-LES-AVIGNON (84)

Localisation : Avignonnais, en centre de village.

Orientation : sud.

Surface habitable : 165 m² constitués d'un logement et d'un cabinet d'architecte.

Coût : 250 000 Eur + autoconstruction.

Début des travaux : mars 2004


Cette rénovation est un peu spéciale : il s'agit de notre propre habitation et de nos bureaux, et c'est le premier chantier que nous avons réalisé dans la région.

Ce qui nous a séduit lors de la première visite de cette ruine fin 2003, c'était d'abord et avant tout cette façade sud, caractéristique des maisons rurales provençales du début du XIXeme. Comme la plupart des bâtisses du Pays des Sorgues datant de cette époque, elle est composée de terre crue banchée (le "tapy", sorte de pisé allégé) sur soubassements en galets de la Durance.


PROJET

Le but premier était de conserver au maximum l'authenticité du bâtiment, tout en y apportant grands volumes et luminosité.

A cette fin, nous avons choisi de mettre en place une verrière de 5 m² lors de la réfection complète du toit.


DETAILS



Avant - après : les enduits utilisés, à l'intérieur comme à l'extérieur, respectent la composition du bâti : la chaux nous a permis d'allier tons ocrés et respiration des murs en terre.

Avant le début des travaux, des enduits à base de ciment datant des années 60 recouvrent les murs. Leur décroûtage laissera apparaître d'importants dégâts dus à l'absence de perméabilité de ces revêtements.
La chaux permet de retrouver des teintes agréables.
Ce nouvel escalier extérieur, construit en pisé et enduit à la chaux hydraulique, s'appuie sur le mur mitoyen.

Avant - après : l'ouverture d'un mur de refend permet de faire communiquer les deux volumes principaux du rez-de-chaussée. L'ancienne ouverture de l'écurie devient une baie vitrée, et tout ce niveau bénéficie alors de cet apport lumière. Les pierres d'encadrement sont décroûtées, restaurées puis simplement badigeonnées à la chaux. Le mur sud est fini par un stuc ocré.

Avant - après : la restauration du plafond à la provençale, plâtré dans l'immédiat après-guerre, n'est pas simple : le décroûtage doit s'effectuer au burin, puis les solives sont nourries à l'huile de lin, les plâtres badigeonnés de chaux.

L'ancienne cheminée a été conservée, restaurée minutieusement, pour recevoir le nouveau mobilier de cuisine. Un tadelakt orangé rehausse le fond de la cheminée.

Sur les murs, des stucs gris clair viennent éclaircir la pièce.


Avant - après : le sol de terre cuite conserve les couleurs chaudes et moirées des tomettes d'origine.
Le volume de la salle de bain, atypique, permet l'aménagement d'une douche et d'une partie WC derrière un mur portant une large vasque. Ici aussi, des enduits à la chaux recouvrent les murs doublés de briques, ce qui permet une régulation hygrométrique naturelle de la pièce.








Avant - après : l'ancienne fénière accueille aujourd'hui notre bureau. Ce grand volume est agrémenté d'une large verrière qui dispense sa lumière zénithale jusque dans le salon, en rez-de-chaussée, grâce à un puits de lumière.